| L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis, Ses champs, bariolés comme un riche tapis, Plaines que des plaines prolongent ; L'eau vaste et froide au nord, au sud le sable ardent Se disputent l'Égypte ; elle rit cependant Entre ces deux qui la rongent |
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| Trois pyramides bâtis par l'homme au loin perçaient les cieux D'un triple angle de marbre, et dérobaient aux yeux Leurs bases de cendre inondées ; Et, de leur faîte aigu jusqu'aux sables dorés, Allaient s'élargissant leurs monstrueux degrés, Faits pour des pas de six coudées. |
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| Un sphinx de granit rose, un dieu de marbre vert, Les gardaient, sans qu'il fût vent de flamme au désert Qui leur fît baisser la paupière. Des vaisseaux au flanc large entraient dans un grand port. Une ville géante, assise sur le bord, Baignait dans l'eau ses pieds de pierre. |
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| On entendait mugir le semoun meurtrier, Et sur les cailloux blancs les écailles crier Sous le ventre des crocodiles. |
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| Les obélisques gris s'élançaient d'un seul jet. Comme une peau de tigre, au couchant s'allongeait Le Nil jaune, tacheté d'îles. |
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| L'astre-roi se couchait. Calme, à l'abri du vent, La mer réfléchissait ce globe d'or vivant, Ce monde, âme et flambeau du nôtre ; Et dans le ciel rougeâtre et dans les flots vermeils, Comme deux rois amis, on voyait deux soleils Venir au-devant l'un de l'autre. |
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" Le Feu du ciel " - Les Orientales (1829)
Poème écrit par Victor Hugo décrivant la nécropole de Gizeh et ses trois grandes pyramides







